Droit de réponse suite à un article sur l'utilisation de l'eau en Grésivaudan
Le Dauphiné Libéré a rendu compte, le 25 septembre, de la démarche de Guillaume Gontard sénateur et de Jérémie Iordanoff et Cyrielle Chatelain, députés de l’Isère, demandant que le plan de sobriété hydrique de STMicroelectronics soit rendu public.
Dans le même article, la consommation du site de Crolles est mise en regard de la situation de trois communes de notre territoire, Crêts-en-Belledonne, Sainte-Marie-du-Mont et Saint-Maximin, dont les habitants sont aujourd’hui ravitaillés par camions-citernes.
Ce rapprochement laisse entendre que l’eau qui manque dans ces villages serait celle que consomme l’industrie.
C’est inexact, et nos habitants, en particulier ceux qui vivent aujourd’hui cette situation difficile, ont droit à une information juste.
L’eau qui alimente STMicroelectronics ne provient pas du Grésivaudan.
Elle est puisée dans les champs captant de la Romanche, sur le territoire de la métropole grenobloise, puis acheminée jusqu’à Crolles par le réseau d’adduction qui relie ces ressources à notre vallée.
Les communes citées sont alimentées, elles, par des sources de montagne situées sur leurs propres versants, en Belledonne et en Chartreuse, qui dépendent directement des pluies et de l’enneigement.
C’est leur tarissement, après un été d’une sécheresse exceptionnelle, qui impose aujourd’hui le recours aux citernes.
Il s’agit de deux ressources distinctes, sans lien hydraulique entre elles : aucun mètre cube économisé à Crolles ne rejoindrait les réservoirs de ces villages.
Cela ne retire rien à la question de la sobriété.
En période de sécheresse, chacun doit prendre sa part, et les industriels ne font pas exception.
Mais un débat aussi sérieux que celui de l’eau exige des faits exacts, pas des rapprochements qui inquiètent sans éclairer.
Il faut aussi rappeler une réalité moins visible.
Les industriels sont des usagers du service public de l’eau du Grésivaudan : l’eau qu’ils consomment, ils la paie. Ces recettes alimentent le budget de l’eau de la communauté de communes et, avec lui, sa capacité à investir pour l’ensemble du territoire.
Elles contribuent à financer des travaux de sécurisation de l’approvisionnement en eau.
A Sainte-Marie-du-Mont, par exemple, village d’environ 300 habitants, Le Grésivaudan a engagé pour un montant de 1 000 000 € (dans sa première phase), le maillage du réseau.
Un tel niveau d’investissement ne pourrait reposer uniquement sur la tarification des usagers domestiques ou alors au prix d’une augmentation démesurée.
C’est tout le sens d’un service de l’eau organisé à l’échelle de nos 43 communes : la vallée et la montagne sont solidaires, et cette solidarité passe aussi par le prix de l’eau.
Dans l’immédiat, la communauté de communes est mobilisée aux côtés des maires concernés pour garantir la continuité de l’approvisionnement.
Et nous poursuivrons l’effort pour rendre nos villages de montagne moins vulnérables aux sécheresses à venir.
Henri Baile, Président de la communauté de communes Le Grésivaudan